



Sans titre
1971
A vibrant explosion of gestural marks and bold color characterizes this untitled acrylic work by American Abstract Expressionist Sam Francis. Dynamic splashes and drips of vivid hues burst across the canvas, reflecting Francis's signature style of luminous, energetic abstraction. The composition balances spontaneity with spatial awareness, drawing the eye across fields of color that pulse with movement and light.
- Medium
- acrylic on canvas
- Dimensions
- Signed
- Yes
- Spotted At
- Auction House · Christie's
Notes
LITERATURE P. Selz, Sam Francis, New York, 1975 (une vue in situ illustrée en couleurs p. 247). Sam Francis: Ölbilder, farbige Zeichnungen, catalogue d'exposition, Galerie Kornfeld, Zurich, 1975. Art in Los Angeles: Seventeen Artists in the Sixties, catalogue d'exposition, Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles, 1981 (une vue in situ illustrée en couleurs p. 69). Sam Francis, catalogue d'exposition, Galleria Il Gabbiano, Rome, 1998 (une vue in situ illustrée p. 33). Sam Francis: Remembering 1923-1994, catalogue d'exposition, Gallery Delaive, Amsterdam, 2004. Sam Francis: Retrospective in Blue, catalogue d'exposition, Danubiana Meulensteen Art Museum, Bratislava, 2010 (une vue in situ illustrée p. 269). D. Burchett-Lere, Sam Francis : Catalogue Raisonné of Canvas and Panel Paintings, 1946-1994, Glendale, 2011, No. SFF.558 (illustré en couleurs DVD I). Sam Francis: Online Catalogue Raisonné Project, 2020, SFP71-23. EXHIBITED Tokyo, Minami Gallery, Sam Francis, avril 1974. Séoul, Gana Art Gallery, Sam Francis, juin-juillet 1991 (illustré en couleurs au catalogue d'exposition n.p.). Conditions of sale Brought to you by Elisabetta Vitullo Junior Specialist, Head of Day Sale EVITULLO@CHRISTIES.COM +33 (0)1 40 76 85 68 LOT ESSAY Skip to main content FRANÇAIS ENGLISH Les années 1970 marquent un épanouissement fulgurant dans l’évolution de Sam Francis, à la fois comme peintre et comme penseur. Ce fut sans doute la décennie la plus prodigieusement novatrice de sa carrière. Richard Speer Peinte dans l’atelier tokyoïte de Sam Francis en 1971, cette œuvre d’une grande délicatesse date de l’une des périodes les plus fécondes et les plus fascinantes de sa carrière. Sur la toile, tâches, flaques, marbrures et éclaboussures de couleurs se dispersent et s’élancent, convergeant en bandes versicolores qui fragmentent la surface picturale, à la manière de branches ou de faisceaux lumineux. Entre ces jaillissements colorés s’ouvrent de vastes étendues blanches, laissées intactes : des espaces béants, à la fois dépouillés de pigment et intensément habités, où semble affleurer une vibration silencieuse. Réalisée au début des années 1970, au lendemain des « Edge paintings » et à la veille des « Matrix paintings », cette œuvre appartient au cycle des « Fresh Air paintings ». Elle témoigne des recherches de plus en plus complexes que Sam Francis mène alors autour des interactions subtiles entre les vides et les pleins, le silence de la toile et le bruit des couleurs, nourries par le concept japonais du ma, qui conçoit l’intervalle vierge comme un élément actif de toute forme sensible. Vue de l’atelier de Sam Francis à Akasaka, Tokyo, 1971. Au premier plan: Sans titre, 1971. Image fournie avec l’autorisation de la Fondation Sam Francis, Californie. © 2026 Sam Francis Foundation, California / Adagp, Paris. Engagé dans l’armée de l’air américaine durant la Seconde Guerre mondiale, Sam Francis est hospitalisé entre 1943 et 1947 à la suite d’un accident d’avion. Immobilisé de longs mois par une tuberculose osseuse, il observe d’heure en heure les infimes variations de la lumière et des couleurs sur le plafond de sa chambre d’hôpital. C’est la révélation d’une vie : il renonce bientôt à ses études de médecine, pour s’inscrire aux beaux-arts de Berkeley, en Californie, où il s’imprègne notamment des enseignements de Mark Rothko et Clyfford Still. Installé à Paris en 1950, il rejoint rapidement le cercle des expressionnistes abstraits de la seconde génération présents dans la capitale, parmi lesquels Jean Paul Riopelle et Joan Mitchell. C’est également à Paris que s’approfondit son rapport à la couleur, enrichi par la découverte du postimpressionnisme et des recherches chromatiques d’Henri Matisse, Pierre Bonnard ou Paul Cézanne. S’il découvre le Japon dès 1957, c’est à la suite de son mariage avec la cinéaste Mako Idemitsu en 1966 que Sam Francis établit son atelier à Tokyo, partageant son temps entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique tout au long des années 1970. Profondément marqué par la pensée orientale depuis ses débuts en Californie, il trouve dans la notion de ma une résonance essentielle avec ses propres recherches : l’espace vide n’y est plus absence, mais tension contenue, présence latente. Dans ses « Fresh Air paintings », dont le titre renvoie à un portfolio de lithographies co-créé avec Joan Mitchell et Walasse Ting, Sam Francis segmente les vastes réserves blanches de ses œuvres antérieures pour les faire vibrer au contact d’éclats de couleur plus libres, plus spontanés. Appliquant ses pigments sur la surface humide à l’aide de pinceaux et de rouleaux imbibés d’eau, il fait surgir un réseau de bandes entrecroisées qui fusent, se diluent et se répondent à travers la toile. Comme l’écrit l’historien de l’art et commissaire d’exposition Richard Speer, l’artiste « intensifie le ma en multipliant les étendues blanches, aimantant ainsi le regard vers différentes zones de silence où l’ineffable semble se déployer à l’intérieur de la surface picturale et au-delà » (R. Speer, ‘Points of Entry: Sam Francis—The ’70s’, Jonathan Novak Contemporary Art, 2019, ressource numérique). Clyfford Still, PH-973, 1959. San Francisco Museum of Modern Art, San Francisco, CA. Photo © San Francisco Museum of Modern Art / Bridgeman Images. © Adagp, Paris, 2026. The 1970s saw a remarkable flowering in Sam Francis’s evolution as a painter and visual thinker. This was arguably his most spectacularly innovative decade Richard Speer Painted in the artist’s Tokyo studio in 1971, the present work is exquisite canvas from one of Sam Francis’s most important and fascinating periods. Splashes, streaks and daubs of colour scatter across the canvas, converging in bands that bisect the picture plane like branches or beams. Between them lie vacant white voids, drained of colour yet simultaneously filled with energy. The work belongs to Francis’s so-called ‘Fresh Air’ period, which occupied him throughout the early 1970s. Situated between his ‘Edge’ paintings of the 1960s and the ‘Matrix’ paintings that followed, these works demonstrate his increasingly complex engagement with the relationship between positive and negative space, informed by the Japanese concept of ma. Vue de l’atelier de Sam Francis à Akasaka, Tokyo, 1971. Au premier plan: Sans titre, 1971. Image fournie avec l’autorisation de la Fondation Sam Francis, Californie. © 2026 Sam Francis Foundation, California / Adagp, Paris. While serving in the United States Air Force during the Second World War, Francis had been hospitalised with spinal tuberculosis between 1943 and 1947. During his recovery, much of which was spent in a full body cast, he spent long periods staring up at the ceiling, watching the play of shifting light and colour at different times of day. Though he had originally intended to study medicine, Francis took up painting instead, enrolling at the University of California, Berkeley where his influences included Mark Rothko and Clyfford Still. Moving to Paris in 1950, he took his place within the wave of second-generation Abstract Expressionist artists who had settled in the city, including Jean-Paul Riopelle and Joan Mitchell. His love of colour deepened through his encounters with French Post-Impressionism, and he came to admire the work of Henri Matisse, Paul Cezanne and Pierre Bonnard, among others. Francis had first visited Japan in 1957, but began to maintain a studio in Tokyo after he married the Japanese filmmaker Mako Idemitsu in 1966. Throughout the 1970s he split his time between Europe, America and Asia. The artist had been fascinated by Eastern philosophy since his California student days, and was particularly inspired by the notion of ma, which emphasises the importance of blank space as an essential and dynamic component of form. In his ‘Fresh Air’ paintings, named after a folio of lithographs he co-created with Joan Mitchell and Walasse Ting, he collapsed the vast gaping voids of his ‘Edge’ paintings, splitting the white space into segments that operated in counterpoint with his shards of colour. The artist used water, brushes and rollers to demarcate criss-crossing bands, applying his pigment wet-on-wet. In these works, writes the scholar and curator Richard Speer, ‘‘Francis was multiplying ma —compounding the viewer’s points of entry into the mystical white space inside and beyond the picture plane.’’ (R. Speer, ‘Points of Entry: Sam Francis—The ’70s’, Jonathan Novak Contemporary Art, 2019, online) Clyfford Still, PH-973, 1959. San Francisco Museum of Modern Art, San Francisco, CA. Photo © San Francisco Museum of Modern Art / Bridgeman Images. © Adagp, Paris, 2026. READ MORE OF THE LOT ESSAY
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